Togo

Soutien à la santé maternelle et prévention de la transmission mère-enfant du VIH

Contexte

Le Togo connaît toujours de profondes difficultés en matière d’accès aux services de santé pour les femmes enceintes (faible taux de consultations prénatales (CPN) ou d’accouchements assistés par du personnel qualifié) et les enfants.

Selon les dernières données de l’OMS (2016 et 2017) :

  • Le taux de mortalité maternelle reste de l’ordre de 350 décès/100 000 ;
  • Plus de 50 % des besoins en matière de planification familiale ne sont pas satisfaits ;
  • Le taux de mortalité infantile est élevé (52/1000) ;
  • Plus du quart des enfants de moins de 5 ans ont une croissance retardée par la malnutrition ;
  • Les principaux indicateurs relatifs au VIH/Sida sont préoccupants (rapport 2017 du programme National de lutte contre le Sida) :
    •  Prévalence nationale est estimée à 2,1% avec une nette prédominance féminine (58%) ;
    • Taux de séropositivité chez les femmes enceintes: 2,2% ;
    • Taux de Transmission du VIH d’une mère VIH+ à son enfant (incluant la période d’allaitement) : 19,5% ;
    • La couverture thérapeutique des adultes VIH+ est de 57%. Elle est de 30% chez les enfants <15 ans.

Actions

L’OPALS, en étroite collaboration avec le Ministère de la santé publique, soutient un programme de renforcement de la santé maternelle et infantile, de Prévention de la Transmission Mère-Enfant (PTME) du VIH et de la prise en charge du VIH pédiatrique.

Entre 2007 et 2010, 12 sites sont soutenus pour la décentralisation de la PTME et la prise en charge du VIH pédiatrique.

De 2010 à 2014, 22 maternités réparties dans tout le pays et 1 hôpital pédiatrique ont été soutenues.

En 2013, l’OPALS a étendu ses actions à 15 nouvelles maternités et 1 hôpital pédiatrique.

En 2014, un partenariat avec l’UNFPA nous a permis d’évaluer 67 structures de Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU).

En 2015, 67 Structures de Soins Obstétricaux et Néonataux d’Urgence (SONU) ont été évaluées par les équipes OPALS en partenariat avec l’UNFPA.

Depuis 2016 et suite à la réalisation d’une mission exploratoire dans le Yoto, l’OPALS lance un nouveau programme ayant pour objectif « l’amélioration de la qualité et de la coordination des interventions de PTME et de Prise en charge du VIH Adulte et Pédiatrique sur 21 sites du district de YOTO ».

Bilan de l’année 2017

Le bilan de l’année 2017 montre deux résultats préoccupants dans la mesure où ils pénalisent la prise en charge médicale des femmes enceintes, à savoir :

  • Le faible taux de premières consultations prénatales (CPN1) : 48%, stable par rapport à 2016 (47%), c’est à dire avant l’intervention de OPALS sur cette zone.
  • Le faible taux d’accouchements dans les 21 Formations Sanitaires (FS) que nous soutenons : 37%, là aussi stable par rapport à 2016 (38%).

Afin de connaître les causes de cette faible fréquentation des FS, OPALS a réalisé une enquête du 26 avril au 21 juin 2018 : il s’agissait d’identifier les facteurs facilitant ou bloquant les consultations prénatales (CPN), et les accouchements assistés médicalement dans les FS du district de Yoto. Les enquêtrices étaient une étudiante inscrit en Master 1 de Santé publique à l’Université de Bordeaux (France) et une femme agent de santé communautaire.

Cette enquête a été faite au niveau de 17 communautés divisées en 2 groupes. D’une part, celles où le taux de CPN et accouchements dans les FS est satisfaisant, (sup à 95% pour les CPN et 90% pour les accouchements) soit 3 FS (groupe 1). D’autre part, celles où ce taux est très faible (inf. à 50% pour les CPN et pour les accouchements), soit 14 FS (groupe 2). 8 à 10 entretiens ont été réalisés dans chaque communauté auprès des femmes enceintes et mères.

Au total 160 femmes enceintes/mères allaitantes avaient été questionnées (25 groupe 1 et 135 groupe 2). Les causes du défaut de fréquentation étaient dominées par le manque d’argent (58%), le mauvais accueil (18%), et l’état défectueux des locaux et des matériels des FS (17%).

Pour lever ce frein, un  projet de mutuelle de santé communautaire est en cours d’élaboration.

  • Une étude prospective a été menée en collaboration avec le CNCMUT (Cadre Nationale de Concertation de la Mutualité au Togo) et l’ONG française Djantoli au printemps 2017.
  • Pour valider ce document projet, un voyage d’étude a été organisé à l’UDAM de Fougnioune au Sénégal début 2018, afin de s’imprégner des bonnes pratiques de cette mutuelle devenue une référence dans la sous-région en matière de gestion des mutuelles de santé. Le document projet a été enrichi tenant compte de certains aspects techniques. La recherche d’un financement pour ce programme ainsi que la sollicitation de l’Etat togolais pour participer financièrement à cette expérience est en cours.
  • Parallèlement, une subvention des consultations prénatales (CPN), un des produits d’appel de la future mutuelle, est en en cours d’expérimentation sur 2 FS (Tabligbo et Ahépé) depuis juillet 2018. Les premiers résultats de ce projet pilote seront connus dans quelques mois.

 

La lutte contre les faux médicaments

En mai 2017, OPALS a mené, en collaboration avec le ministère de la Santé et le Conseil  national l’ordre des pharmaciens du Togo, un recueil des échantillons des médicaments en consommation et en circulation dans le district sanitaire de Yoto. Les médicaments (comprimés, gélules, capsules) recueillis sont actuellement en cours d’analyse.

Photos Programme Togo