S’informer sur les faux médicaments

Le trafic de médicaments falsifiés est un « double crime : crime contre la santé, et crime contre la société, car il frappe les plus pauvres parmi les malades ». Dès 2009, le Président Jacques Chirac lançait au Bénin, avec de nombreux Chefs d’Etat africains, l’Appel de Cotonou contre les faux médicaments, premier appel politique à affronter ce fléau, et point de départ d’un plaidoyer mené sans relâche par sa fondation durant plus de 10 ans, au plus haut niveau.

Dans la continuité de l’engagement de la fondation Chirac, l’OPALS se mobilise en faveur de la sensibilisation de tous à cette menace croissante. La recherche et l’information sur les faux médicaments sont cruciales pour mieux comprendre ce trafic et le combattre efficacement. Dans cet objectif, l’OPALS vous donne accès ci-dessous aux dernières actualités, alertes de l’Organisation Mondiale de la Santé, rapports des institutions, publications scientifiques, outils juridiques et articles généralistes sur le trafic de faux médicaments.

Actualités

De faux vaccins anti-covid COVISHIELD ont été identifiés en Ouganda et en Inde, au niveau des patients. Le vaccin COVISHIELD est produit par le Sérum Institute of India, qui a confirmé la falsification : certains flacons ont vu leur date d’expiration modifiée, d’autres flacons sont proposés dans un volume (2 ml) non commercialisé par le laboratoire. Dans tous les cas, les faux vaccins représentent un risque grave pour la santé de la population, à l’échelle individuelle (toxicité, absence de protection contre l’infection) et à l’échelle collective (propagation de l’épidémie, défiance envers le vaccin).

Deux lots de Remdesivir falsifiés ont été identifiés au Mexique. Vendus illégalement sur Internet, ils ont été repérés au niveau des malades, y compris dans des hôpitaux. Des analyses sont en cours pour déterminer la composition exacte des flacons concernés, mais la falsification a été confirmée par le laboratoire Gilead sur la base de dates d’expiration et de numéros de lots frauduleux. Antiviral de large spectre, le Remdesivir est autorisé dans certains pays dans le traitement d’urgence de la covid-19. Des versions falsifiées de ce médicament circulent régulièrement en Inde également. L’OMS appelle professionnels et patients à la plus grande vigilance.

Les forces de police et des douanes ivoiriennes ont procédé à de multiples saisies de médicaments falsifiés au début du mois d’août 2021. Un camion en provenance de Touba a été arrêté et environ 6 tonnes de faux antibiotiques, faux antipaludiques et faux anti-inflammatoires ont été découvertes à Man. Quelques jours plus tôt, 7 tonnes de médicaments falsifiés avaient été saisies dans un camion-remorque à Niakaramandougou, lors d’un contrôle de routine. Fin juillet, 700kg de faux médicaments (antibiotiques, antipaludiques, anti-inflammatoires) avaient déjà été confisqués par les autorités.

L’opération PANGEA XIV, coordonnée par Interpol, a abouti à la saisie de 9 millions de produits médicaux falsifiés, d’une valeur totale de 23 millions de dollars. Les forces de police et des douanes ont procédé à la fermeture de 113 000 sites Internet vendant illégalement des médicaments : un record. Antidouleurs, dispositifs médicaux et chirurgicaux (cathéters, seringues, tests de dépistage du covid-19…), antipaludiques et anticancéreux, entre autres, figurent parmi les produits falsifiés saisis.

Deux médicaments du laboratoire Gilead (Biktarvy® et Descovy®) utilisés dans le traitement du VIH/sida ont été falsifiés et circulent actuellement aux Etats-Unis, dans la chaîne d’approvisionnement légale, jusque dans les pharmacies. Les comprimés falsifiés ont été insérés dans des flacons authentiques, et les faux médicaments diffusés par des distributeurs non autorisés. Le laboratoire Gilead et la Food and Drug Administration (FDA) travaillent à l’identification et à la saisie de ces produits falsifiés. Les pharmaciens sont appelés à vérifier leurs stocks et leurs approvisionnements récents afin de repérer d’éventuels faux médicaments.
Deux lots de CYTOTEC (misoprostol) falsifiés ont été identifiés en Afrique Centrale et de l’Ouest. Ces faux médicaments, dont certains ne contiennent aucun principe actif, ont été distribués au Cameroun, Ghana, Nigeria et en République Démocratique du Congo. Le misoprostol, qui figure sur la liste des médicaments essentiels de l’OMS, est notamment utilisé dans le traitement des ulcères gastro-duodénaux, ainsi que dans le cadre de l’interruption volontaire de grossesse. L’utilisation de misoprostol falsifié peut être mortelle. L’OMS appelle patients et professionnels de santé à la vigilance.

RAPPORTS

Ouverte à tous les pays, membres ou non du Conseil de l’Europe, la Convention Médicrime est le premier outil juridique international qui criminalise le trafic de faux médicaments, encourage l’harmonisation des législations et la coopération transfrontalière contre ce fléau.

La directive vise à sécuriser le circuit des médicaments dans l’Union Européenne par le renforcement de la traçabilité (sérialisation) et l’apposition de dispositifs d’inviolabilité sur les boîtes de médicaments.

Complémentaire de la Convention Médicrime, le guide de l’ONUDC est un outil pratique d’aide à la rédaction, la modification ou la révision de textes de loi visant à lutter contre le trafic de médicaments falsifiés.

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