S’informer sur les faux médicaments

Le trafic de médicaments falsifiés est un « double crime : crime contre la santé, et crime contre la société, car il frappe les plus pauvres parmi les malades ». Dès 2009, le Président Jacques Chirac lançait au Bénin, avec de nombreux Chefs d’Etat africains, l’Appel de Cotonou contre les faux médicaments, premier appel politique à affronter ce fléau, et point de départ d’un plaidoyer mené sans relâche par sa fondation durant plus de 10 ans, au plus haut niveau.

Dans la continuité de l’engagement de la fondation Chirac, l’OPALS se mobilise en faveur de la sensibilisation de tous à cette menace croissante. La recherche et l’information sur les faux médicaments sont cruciales pour mieux comprendre ce trafic et le combattre efficacement. Dans cet objectif, l’OPALS vous donne accès ci-dessous aux dernières actualités, alertes de l’Organisation Mondiale de la Santé, rapports des institutions, publications scientifiques, outils juridiques et articles généralistes sur le trafic de faux médicaments.

Actualités

la Faculté de Pharmacie de l’Université de Paris, en partenariat avec la Fondation OPALS, a organisé la 5ème édition de sa conférence annuelle de sensibilisation sur les faux médicaments, devant plus de cent étudiants et enseignants, avec la participation exceptionnelle des experts du Centre Humanitaire des Métiers de la Pharmacie (CHMP), les Dr Alassane Ba et Karl Hounmenou. L’engagement de la Faculté de Pharmacie dans la recherche contre ce fléau a été présenté par le Dr Judith Nzoughet-Kouassi. Une exposition d’ouvrages et publications sur les faux médicaments était également organisée en parallèle par la bibliothèque universitaire, en vue d’interpeller les étudiants et de les inciter à en apprendre plus sur cette menace.

Vaccin anti-covid Astrazeneca falsifié en Iran. D’authentiques flacons de vaccin Astrazeneca ont été récupérés par les trafiquants après utilisation et remplis avec un sérum falsifié. Ces faux vaccins circulent actuellement au niveau des patients, en dehors du circuit de distribution légal et des programmes de vaccination conduits en Iran. Ils sont toutefois très difficiles à repérer et pourraient accidentellement ou intentionnellement être réintroduits dans la chaîne légale d’approvisionnement et de vaccination. L’Organisation Mondiale de la Santé appellent les professionnels de santé à la plus grande vigilance et insiste sur l’importance d’éliminer les flacons usagés dans un circuit sécurisé.

L’excellent site d’information sur la vaccination et les vaccins, Mesvaccins.net, publie une mise au point sur la falsification des vaccins anti-covid et des médicaments antiviraux utilisés ou évoqués pour lutter contre la covid-19, en particulier le remdesivir. Tous les vaccins anti-covid sont concernés, tous les continents sont touchés.

Vaccin anti-covid Pfizer falsifié en Iran. Le lot concerné circule hors de la chaîne de distribution légale et en dehors des programmes de vaccination conduits en Iran. L’étiquette et sa présentation graphique ne correspondent pas à celles des vaccins authentiques et la date de péremption est falsifiée.

De faux vaccins anti-covid COVISHIELD ont été identifiés en Ouganda et en Inde, au niveau des patients. Le vaccin COVISHIELD est produit par le Sérum Institute of India, qui a confirmé la falsification : certains flacons ont vu leur date d’expiration modifiée, d’autres flacons sont proposés dans un volume (2 ml) non commercialisé par le laboratoire. Dans tous les cas, les faux vaccins représentent un risque grave pour la santé de la population, à l’échelle individuelle (toxicité, absence de protection contre l’infection) et à l’échelle collective (propagation de l’épidémie, défiance envers le vaccin).

Deux lots de Remdesivir falsifiés ont été identifiés au Mexique. Vendus illégalement sur Internet, ils ont été repérés au niveau des malades, y compris dans des hôpitaux. Des analyses sont en cours pour déterminer la composition exacte des flacons concernés, mais la falsification a été confirmée par le laboratoire Gilead sur la base de dates d’expiration et de numéros de lots frauduleux. Antiviral de large spectre, le Remdesivir est autorisé dans certains pays dans le traitement d’urgence de la covid-19. Des versions falsifiées de ce médicament circulent régulièrement en Inde également. L’OMS appelle professionnels et patients à la plus grande vigilance.

RAPPORTS

Ouverte à tous les pays, membres ou non du Conseil de l’Europe, la Convention Médicrime est le premier outil juridique international qui criminalise le trafic de faux médicaments, encourage l’harmonisation des législations et la coopération transfrontalière contre ce fléau.

La directive vise à sécuriser le circuit des médicaments dans l’Union Européenne par le renforcement de la traçabilité (sérialisation) et l’apposition de dispositifs d’inviolabilité sur les boîtes de médicaments.

Complémentaire de la Convention Médicrime, le guide de l’ONUDC est un outil pratique d’aide à la rédaction, la modification ou la révision de textes de loi visant à lutter contre le trafic de médicaments falsifiés.

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