Trafic des faux médicaments

L’ampleur du fléau

Plus mortel que le paludisme et plus rentable que le trafic des drogues, celui des médicaments falsifiés constitue un drame sanitaire et économique, qui frappe non seulement des malades mais parmi eux les plus pauvres.

L’Afrique, « terrain de jeu favori des trafiquants », est le continent le plus durement touché par ce fléau. Mais le trafic est en pleine expansion. Longtemps considéré comme l’apanage des pays pauvres, ce commerce mortifère a proliféré et menace désormais la santé des populations sur les cinq continents.

Antibiotiques, antipaludiques, antirétroviraux, antidiabétiques, antalgiques, anticancéreux…tous les médicaments, princeps et génériques, mais aussi les vaccins, les dispositifs médicaux, et les produits vétérinaires sont concernés par la falsification.

Abondamment présents sur les marchés et parfois même dans les pharmacies dans de nombreux pays africains, les médicaments falsifiés ont également pénétré le circuit légal de distribution en Allemagne et au Royaume-Uni, et sont de plus en plus retrouvés dans les circuits parallèles en Europe et aux Etats-Unis. Aucun pays n’est épargné.

Quelques chiffres

  • 700.000 à 800.000 morts par an dans le monde, soit plus que le paludisme ;
  • 10 % au moins des médicaments circulant dans le monde seraient falsifiés. Dans les pays pauvres ou dans les zones de conflits, notamment en Afrique, ce chiffre peut atteindre 60 à 80 % du marché ;
  • 50% des médicaments vendus sur des sites Internet dissimulant leur identité seraient des faux ;
  • Le trafic de faux médicaments est 20 à 45 fois plus rentable que le trafic de la drogue, pour une prise de risques (par les trafiquants) moindre voire inexistante :
    • Pour 1000$ investis dans le trafic de la drogue, les bénéfices s’élèvent à environ 20 000$ ;
    • Pour 1000$ investis dans le trafic de faux médicaments, le bénéfice attendu est de 200 000 à 450 000$.
  • Estimé à 200 milliards de dollars, le trafic de faux médicaments est le plus gros marché « noir » du monde (dépassant ainsi celui de la prostitution et de la marijuana).