Le virus Ébola en Guinée : Mobilisation des équipes OPALS à Kindia

L’Ebola est une maladie virale, provoquée par le virus Ebola. C’est une maladie contagieuse avec un taux de mortalité extrêmement élevé. Elle porte le nom du fleuve congolais Ebola, qui coule le long du village où la maladie a été diagnostiquée pour la première fois, en 1976.

 

EBOLA GUINEE OPALS

 

Les Préfectures de la Région de Kindia sont touchées par le virus Ebola : La préfecture de Télimélé en juillet/aout (sans nouveaux cas depuis plusieurs semaines) ; en revanche Dubreka, Forecaria et Coyah sont des foyers actifs même si peu de cas sont actuellement dénombrés.

 

Pour l’instant, seuls des décès suspects, pris en charge par la Croix-Rouge Guinéenne et des cas suspects ont été signalés par la Direction Préfectorale de la Santé. Ces derniers ont été redirigés vers le Centre Hospitalier et Universitaire de Donka à Conakry où se situe le Centre de Traitement Ebola de Médecins Sans Frontières. Une vingtaine de cas contacts sont en ce moment suivi via la Direction Préfectorale de la Santé.

 

Les cas contacts constituent le principal enjeu de la diminution de la propagation du virus. Ceci explique pourquoi les communications ont été progressivement limitées : au niveau des compagnies aériennes ; les frontières avec le Sénégal, la Guinée Bissau et la Côte d’Ivoire sont fermées ; seul le Mali a conservé la frontière ouverte.

 

La Préfecture de Kindia est frontalière de la Sierra Léone via la sous Préfecture de Madina Oula. Une équipe médicale sillonne la frontière, en lien avec les militaires Guinéens, vérifient ainsi l’état de santé des personnes passant la frontière et répertorient les adresses et contacts pour les communiquer à la DPS.

 

Les équipes d’OPALS en Guinée poursuivent leurs actions terrain sans limiter leur déplacement dans les sous Préfectures. Cependant, des mesures de précaution ont été prises : lavage systématique des mains à l’entrée du bureau et gel antibactérien pour chaque membre de l’équipe.

 

La principale difficulté pour la DPS et l’OPALS réside dans les nombreuses rumeurs qui circulent et affolent les populations (non croyance en Ebola, injection d’Ebola dans les centres de santé, toute mort est déclarée suspecte ou presque, etc.). Ceci porte préjudice au travail de sensibilisation et de prévention.

 

 

Face à l’épidémie Ebola en Guinée, L’OPALS s’implique avec les partenaires guinéens à plusieurs niveaux :

 

–          Participation à la Commission de Coordination régionale, réunissant les autorités préfectorales, communales, sanitaires, partenaires, ONG, syndicats des transports et administration des marchés.

 

–          Campagnes d’information et de prévention : Le virus Ebola peut être transmis par l’être humain et l’animal, par contact avec les fluides corporels : salive, sang, urine, sueur, etc. La période d’incubation est de 2 à 21 jours. Les personnes infectées ne transmettent le virus qu’à partir du moment où elles développent des symptômes : fièvre élevée et fatigue extrême (et parfois, mais pas toujours, suivies de vomissements, diarrhée et de saignements). L’évolution de la maladie est variable suivant les cas. Ces informations sont transmises à travers :

 

  •  Des causeries éducatives, des séances de sensibilisations auprès des populations et leaders religieux, des formations d’Agents Communautaires, des spots et émissions radios.
  • Des Spots radios : 216 diffusions et rediffusions sur la période de mai et juin via les trois radios locales principales.
  • Des Outils d’information remis aux 14 CS et aux 60 agents communautaires de la Préfecture. Ces derniers débutent toutes leurs animations par des messages de prévention Ebola. Tous les mois 240 animations sont réalisées.

 

–          Soutien à la mise en place d’un centre de tri de patients suspects dans l’hôpital régional de Kindia : apports de petit matériel, (gants, masques, lunettes), soutien logistique et en ressources humaines.

 

Les principales difficultés pour la poursuite du programme en cours renforcement de la santé maternelle et infantile et prévention de la transmission mère-enfant du VIH  dans les 14 Centres de Santé de la Préfecture sont :

 

–          La crainte des personnels de santé : Les agents de santé sont très exposés (50 cas d’infections avec 26 décès en Guinée depuis le début de l’épidémie). La crainte est réelle auprès des agents des centres de santé et certains agents de l’Hôpital Régional de Kindia.

–          La méfiance des habitants limitant leur fréquentation des structures de santé

–       La sensibilisation et l’information sont donc au cœur de la stabilisation de l’épidémie.

 

 

Les messages que l’OPALS s’efforce de transmettre sont les suivants :

 

–          Le virus est très fragile. Il meurt au bout de quelques minutes lorsqu’il est exposé au soleil ou au vent. Il meurt en quelques secondes s’il est en contact avec du savon, de l’eau légèrement chlorée ou tout type d’antiseptique ou de gel alcoolisé.

 

–          La contamination se produit principalement en prenant soin d’une personne malade ou en touchant le corps d’un malade décédé.

 

–          Au fur et à mesure de la progression de la maladie, les personnes deviennent plus infectieuses, avec un très haut risque de contamination juste avant mais aussi après la mort. Le corps d’un malade décédé est très infectieux.

 

–          Les billets de banque et les pièces de monnaie ne transmettent pas la maladie,

 

–          il n’y a pas de transmission du virus Ebola par les moustiques.

 

 

Si la panique s’installe, le système de santé se paralyse. Les malades qui souffrent d’autres maladies ne consulteront plus et le personnel de santé restera absent. La peur, l’ignorance,  la rumeur peuvent aggraver la situation.

 

Hors, paludisme, diarrhée, choléra, infections respiratoires, accouchements à risque, Sida, de malnutrition ou encore de maladies évitables par la vaccination continuent de sévir…

 

 

C’est pourquoi il est essentiel que les activités que mènent OPALS en Santé Maternelle et Infantile en prévention du paludisme et de la transmission mère enfant du VIH  puissent se poursuivre.

 

 

La progression du Virus Ebola en quelques dates et chiffres

De 1976 à 2012, plusieurs épidémies d’Ebola ont sévi en Afrique Centrale comptabilisant 1 590 décès pour 2 298 cas enregistrés. [1]

 

L’Epidémie actuelle (2014[2]) part de Guinée et va rapidement toucher les régions frontalières du Libéria et de la Sierra Leone

 

25 mars :   Un rapport du Ministère de la santé guinéen fait état d’une épidémie d’Ebola dans 4 zones dans les districts du Sud Est de la Guinée: 86 cas suspectés, 59 morts.

 

27 mars :   Les premiers cas sont suspectés au Libéria et en Sierra Leone

 

28 mars :    Nombre total de cas suspects pour les trois pays: 132

 

5 avril :       En Guinée : 143 cas suspects dont 86 mortels. Nombre total de cas suspects pour les trois pays: 167

 

28 mai :      Nombre total de cas suspects pour les trois pays: 291

 

Juin :      En Guinée, 390 cas suspects dont 270 mortels

 

En Sierra Leone, 158 cas dont 34 mortels

 

Au Liberia, 51 cas dont 34 mortels

 

Nombre total de cas suspects : 599

 

Juillet :   En Guinée, 427 cas dont 319 mortels

 

En Sierra Leone, 525 cas dont 224 mortels

 

Au Liberia, 249 cas dont 129 mortels

 

Nombre total de cas : 1201 dont 672 mortels

 

Août :    En Guinée, 646 cas dont 430 mortels

 

En Sierra Leone, 967 cas dont 407 mortels

 

Au Liberia, 1386 cas dont 754 mortels

 

Nombre total de cas : 2999 dont 1591 mortels

 

Hausse très importante à partir de la fin juillet et aout 2014 en particulier au Libéria. En aout, Ebola resurgit en RDC où le virus est connu.

 

15 octobre: En Guinée, 1472 cas dont 430 mortels

 

En Sierra Leone, 3252 cas dont 1183 mortels

 

Au Liberia, 4249 cas dont 2458 mortels

 

Nombre total de cas : 8973 dont 4484 mortels [3]

 

Pour les donnés les plus actualisés de l’épidémie d’Ebola en Guinée, dirigez-vous vers notre article L’épidémie d’Ebola à Kindia.

 


[1]                     Chiffres OMS : http://www.who.int/mediacentre/factsheets/fs103/fr/

[2]                     Rapports OCHA

[3]                     Chiffres CDC