Journée mondiale contre le VIH/Sida

Rapport ONUSIDA 2018

La journée mondiale contre le VIH/SIDA, du 1er décembre 2018, est l’occasion de faire quelques commentaires sur la situation de l’Afrique face à cette pandémie.

Sous le slogan « 90-90-90 », l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fixé un triple objectif pour contenir la maladie à l’horizon 2020. A cette date, 90 % des personnes VIH+ doivent connaître leur statut vis à vis du VIH; 90 % des personnes infectées doivent recevoir une tri thérapie antirétrovirale adaptée ; et 90 % des personnes traitées doivent avoir une charge virale durablement indétectable. A deux ans des échéances, l’Afrique est très en retard.

Le dépistage

Ce point est tellement important que l’ONUSIDA en a fait le thème de la journée mondiale du sida le premier décembre 2018 ; « connais-tu ton statut ? »

En Afrique de l’Ouest, seule une personne VIH+ sur deux sait qu’elle est contaminée. Le dépistage doit être renforcé et précoce dans l’histoire de la maladie. Plus le dépistage est tardif, moins les patients parviennent à récupérer un système immunitaire efficace. Et donc, plus ils sont atteints d’infections dites « opportunistes ».

Le retard est important en Afrique de l’Ouest et Centrale. Le taux de personnes contaminées y étant relativement faible (0,7 % à 4 % de la population générale), les pays de ces régions n’ont pas misé sur de vastes programmes de dépistage.

Pour mieux atteindre les différentes populations, une arme commence quand même à faire ses preuves : l’autotest. « C’est une piste prometteuse, estime Didier Ekouevi, épidémiologiste à l’université de Lomé (Togo). Mais leur diffusion prend du temps, car il faut mettre en place des cadres réglementaires et promouvoir des politiques de mise en œuvre. » . Cette nouvelle approche du dépistage pourrait être très importante pour atteindre les populations les plus concernées par le VIH comme les travailleurs du sexe, les hommes ayant des rapports sexuels avec les hommes ou les toxicomanes par injection intraveineuse.

La prévention

Une personne VIH+ bénéficiant d’un traitement antirétroviral efficace (c’est à dire avec une charge virale indétectable dans le sang ) ne transmet plus la maladie. C’est donc la façon la plus radicale de lutter contre l’expansion du VIH.

D’autres armes ont aussi prouvé leur efficacité pour limiter les contaminations.

  • Le préservatif, qui permet une protection individuelle au quotidien.
  • La circoncision, qui fait chuter de 60 % le risque de transmission de la femme vers l’homme et a fait l’objet de campagnes massives depuis dix ans en Afrique australe et de l’Est.
  • La prévention médicamenteuse : la PrEP, ou prophylaxie pré-exposition. Des personnes séronégatives prennent à la demande, une association de deux antirétroviraux afin d’éviter une contamination lors des rapports sexuels à risque.

Le traitement

L’enjeu est la mise à disposition des traitements antirétroviraux efficaces à un plus grand nombre de malades. En Afrique de l’Est et australe, 66 % des personnes vivant avec le VIH ont eu accès à un traitement antirétroviral ; dans l’Ouest et en Afrique centrale ; en Afrique de l’Ouest, ce taux est de 40 %.

L’efficacité du traitement

Une fois les personnes dépistées et traitées, il faut aussi s’assurer de l’efficacité du traitement par un suivi régulier de la charge virale dans le sang qui mesure la quantité de virus présente dans le sang. On estime qu’après un an de traitement, 20 % des patients sont résistants et, après s’être assuré qu’ils prennent bien leur traitement qu’il faut donc modifier la trithérapie. Ce taux est plus important chez les enfants infectés dont la mère a été traitée d’où la nécessité d’un traitement particulier qui doit tenir compte de celui de la mère (risque de résistance croisée avec ses ARV). Un contrôle de la charge virale est indispensable après 6 mois de traitement ARV.

Il faut aussi surveiller que le malade n’est pas résistant au traitement. Ce suivi reste encore difficile car la diffusion et le coût des tests sont des freins puissants.

Les femmes, les plus vulnérables

En Afrique subsaharienne, trois nouvelles infections sur quatre touchent les filles âgées de 15 à 19 ans. Et les jeunes femmes âgées de 15 à 24 ans sont deux fois plus susceptibles de contracter le VIH que les hommes.

Des projets bénéficiant en priorités aux jeunes femmes sont donc indispensables, dans une approche globale d’information/éducation/conseil, de prévention, de dépistage et de traitement; et aussi de lutte contre leur stigmatisation et de renforcement de leurs capacités à se prendre en charge.

 

En conclusion : si ces mesures sont appliquées, l’ONUSIDA espère la fin de l’épidémie d’ici 2030 c’est à dire la fin des nouvelles infections.